4ème Extrait de mon roman – Auteur Béatrice SEBAG

4è extrait de mon roman - Béatrice SEBAG

4ème Extrait de mon Roman « Les cadeaux mal emballés »

Il n’y a pas de honte à perdre ou à échouer. La honte, la seule qui puisse nous faire honte, est d’être inférieur à nous-mêmes
Alain AYACHE

Vous avez déjà pu lire et écouter les trois premiers extraits de mon roman. Pour mémoire, vous pouvez les retrouver grâce aux liens ci-après :

1er extrait du roman de Béatrice SEBAG

2ème extrait de mon roman Béatrice SEBAG

3ème extrait de mon roman Béatrice SEBAG

Cliquez sur la vidéo ci-dessous pour écouter le 4ème extrait !

4ème extrait de mon roman – Les cadeaux mal emballés

Humilité n’est honte que pour celui qui humilie
Edward ALBEE

Roman « Les cadeaux mal emballés »

LA HONTE

« …Emma adorait son frère et considérait son comportement comme une marque d’affection, mais là, elle avait honte. Qu’allait désormais penser d’elle Stéphane ? Qui plus est, même en l’absence de ses parents, elle ne pouvait toujours pas sortir comme elle souhaitait. 

Pendant ce temps, la famille de Virginie traversait tant bien que mal l’éprouvant deuil paternel. La maman, bienveillante,  incitaient ses enfants à poursuivre leur vie au mieux malgré le chagrin. Les grandes vacances approchaient. Souhaitant que sa fille s’amuse et pour éviter qu’elle ne tombe dans la déprime, la mère de Virginie organisait des petites « boums » chez elle avec les garçons et laissait Virginie libre de ses sorties dans la cité le soir après-dîner.

4ème extrait de mon roman - Béatrice SEBAG

C’était loin d’être le cas pour Emma dont les parents, bien vivants eux, lui interdisaient de quitter la chambre après dix-neuf heures pétantes et refusaient de recevoir les copains à la maison. Alors bien souvent, consignée et impuissante, elle regardait, en se lamentant du haut de sa tour d’ivoire,  la petite bande de jeunes, traîner en bas des immeubles et s’amuser,  témoin de la liberté des autres enfants de son âge, qui s’exprimait sous ses yeux. Elle conservera toute sa vie, comme un poison qui la ronge et la dévore, ce sentiment d’injustice et d’enfermement. Tel un chien en cage, elle fulminait derrière sa fenêtre, elle se sentait devenir dingue et ne pouvait même pas hurler sans craindre de se prendre une raclée.

Et ce qu’elle craignait ne tarda pas à arriver. Alors qu’elle les observait du haut de son pigeonnier, Stéphane embrassa Virginie au pied de l’immeuble d’en face. Emma oscillait entre rage et désespoir, jalousie et écoeurement. Tout ça c’était la faute de ses parents ! Qu’est-ce que ça pouvaient leur faire qu’elle sorte avec les autres ? De toute façon ils ne l’aimaient pas et se plaignaient sans cesse qu’elle était insupportable. Qu’est-ce que ça pouvait bien leur foutre en vrai, si ce n’est la peur du regard des autres, bons catholiques pratiquants, qui ne manqueraient pas de les juger de parents laxistes ou défaillants ? La mère de Virginie et les parents des autres gamins n’allaient pas à la messe et ne se préoccupaient manifestement pas du regard des autres, eux. Emma se disait que vivre, aimer et être libre,   ressemblait sûrement plus à ça qu’à sa pauvre vie !

Elle  qui avait toujours réussi à trouver des compromis pour accepter sa condition, elle commença à nourrir des sentiments nouveaux envers ses parents autant qu’envers les autres : la haine et le dégoût. Elle ne comprenait pas le sens de la vie et commençait à douter sérieusement de la bienveillance de ses propres parents et amis, ainsi que de la nature humaine.

4ème extrait de mon roman - Béatrice SEBAG

Courant juillet, l’été battait son plein. Virginie était partie à Arzon sur la presqu’ile de Rhuys, pour deux mois avec le reste de sa famille. Alors que les gosses avaient  déserté la cité les uns après les autres pour partir en vacances, Emma se rendait régulièrement à la piscine de Kercado les après-midi, comme presque tous les jeunes qui restaient là. En attendant de partir pour un mois chez son père, Stéphane fréquentait également la piscine. Bien que d’autres jeunes lui faisaient les yeux doux et essayaient de la draguer dans le grand bassin extérieur inondé de soleil,  Emma profita de cette occasion pour tenter de se rapprocher à nouveau de son flirt. Mais elle  n’intéressait manifestement plus Stéphane. Elle se fit plus pressante et le suivait partout. Jusqu’au moment ou le jeune garçon, exaspéré, se retourna vers elle et arborant une moue dégoûtée, lui cracha en plein visage. Puis, sans autre explication, il la planta là.  Elle essuya rapidement son visage. Le cracha puait, elle failli vomir sur place. Mais surtout elle avait honte. Elle regarda autour d’elle pour voir si on l’observait. La piscine grouillait de monde, personne ne semblait avoir remarqué l’incident.  Alors, elle fit comme elle pu pour sauver la face et se réfugia dans les vestiaires. Mais elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Stéphane s’était-il vengé de la course poursuite dans les escaliers avec Sylvain ou bien s’était-il moqué d’elle, avait-il joué avec elle et était ensuite passé à autre chose ?

Avant de partir, Virginie lui avait confiée en riant, que Stéphane ne l’intéressait pas, qu’ils s’étaient embrassés et basta. 

C’était l’été, ils étaient enfants, ils s’amusaient. Pourquoi essuyait-elle un tel affront ? L’idée du racisme lui effleura l’esprit mais elle la rejeta. Elle ne voulait pas tomber dans les affres de la paranoïa familiale. Elle n’arrivait même pas à en vouloir à son frère.

Cependant, ce souvenir humiliant restera à toujours gravé dans sa mémoire.

Roman les cadeaux mal emballés

Le sage a honte de ses défauts, mais n’a pas honte de s’en corriger !

CONFUCIUS

Pour aller plus loin

J’ai souhaité commencer cet article concernant le 4ème extrait de mon roman, avec une citation d’Alain AYACHE, célèbre éditeur de presse français, iconoclaste, né à Alger en 1936.
Champion de ping-pong à 13 ans, il s’était lui-même photographié, avait rédigé l’article puis avait proposé le tout à L’Echo d’Alger. Sensible au culot de l’adolescent, le journal avait accepté. C’est ainsi qu’il entreprit son premier contact avec la Presse à Alger.
A 16 ans, il se fait connaître en s’enfermant dans un placard chez DROUANT où il écoute les délibérations du jury du Goncourt. Il débutera sa vraie carrière à PARIS-PRESSE en 1958 et à l’hebdomadaire AUX ÉCOUTES en 1960.


Pourquoi citer cet homme concernant ce 4ème extrait de mon roman ?

Nature et forces d’Emma


Dans ce 4ème extrait de mon roman, à l’instar d’Alain AYACHE, très jeune, Emma est vive, audacieuse et brave ses peurs. En outre, jolie gamine, c’est un personnage très charismatique, solaire, extravertie. Néanmoins, sa condition d’enfant mineure lui pèse rapidement car, intelligente et dotée de fortes intuitions, elle s’exprime de manière pertinente et est portée par un impérieux besoin de liberté. Probablement trop pertinente et libre pour son époque et ses parents, enfants de colons, immigrés dans les années 1960 lors de l’indépendance de Madagascar où ils travaillaient pour le gouvernement français. Déracinés de leur terre de naissance et ayant tous les deux manqués d’un de leur parent, ils portent des blessures personnelles et identitaires profondes, les conduisant immanquablement à vouloir s’intégrer de façon exemplaire. D’autant plus que sa mère de couleur, issue d’une famille de la côte et son père digne descendant de famille blanche et rentière déchue, se sont battus contre leurs parents pour s’unir et les ont finis par les fuir.

J’aborde le sujet des blessures dans l’un de mes premiers articles intitulé « Les blessures émotionnelles » qui fait partie « Dans la série comment bien rater sa vie – Pourquoi et comment se libérer des fidélités et contrats inconscients« .

Vulnérabilités d’Emma

Bien qu’elle soit née en France (c’est la seule de la famille, mais j’y reviendrai plus tard), ses parents lui imposent d’autorité, leur propre leitmotiv de « devoir d’intégration ». Mais Emma, hypersensible et très intuitive, ressent de plein fouet leurs peurs, confusions et paradoxes ainsi que leur incohérences, conscients ou inconscients. Inévitablement, ils ne se comprennent pas. Très rapidement, leur relation s’avère compliquée et Emma vit ses premières années, en perpétuelle confusion.

La honte

Mon propos en tant qu’auteur, dans ce 4ème extrait de mon roman « Les cadeaux mal emballés », est de décrire la vie d’Emma et tenter de révéler aux lecteurs, les raisons de ses souffrances, difficultés voire de ses échecs et le cheminement qui l’amènera à clarifier le flou « peu artistique », mais si fréquent, dans lequel elle évolue. Au-delà du comportement stupide, humiliant, presque anecdotique, qu’elle subit lorsque le gamin lui crache en plein visage en public à la piscine, la honte qu’elle ressent ne lui appartient pas. Il se joue à ce moment quelque chose de plus profond, dont elle a malgré son fort tempérament, hérité de ses parents. Mais à ce stade, elle n’en n’a absolument pas conscience même si elle imagine que son frère ou ses parents puissent avoir une certaine responsabilité.

Conclusion

Malheureusement, Emma n’est pas au bout de ses peines. Il lui faudra traverser beaucoup d’ épreuves avant de prendre conscience des raisons de ses souffrances, de ses échecs et de son errance dans la vie et cela prendra de nombreuses années.



Pour aller + loin

Béatrice SEBAG, Auteur

Pour répondre à une question que l’on m’a récemment posée, c’est de cette manière tout à fait personnelle, que j’aborderai et lierai les deux passions qui m’animent à ce jour et s’avèrent être les motivations de la création de mon site internet : l’écriture et le développement personnel. Cela me permets « d’une pierre deux coups » de faire découvrir ma plume au public et les guider, voire les orienter dans leur quotidien à travers un récit authentique et initiatique.

N’ayez pas honte de dire ce que vous n’avez pas honte de penser – Proverbe Latin

Pour aller encore + loin

Et pour aller encore plus loin, je partage ci-après trois articles inspirants et pleins de valeur, rédigés par mes collègues Blogueurs et « supers-parents », Bénédicte & Fabien, allias Clo Chette sur leur super Blog « L’éveil des émotions« .
Découvrez leurs méthodes bienveillantes pour apprendre aux enfants à se familiariser avec leurs émotions et leur faciliter la compréhension de leurs différents comportements. Indispensable pour les aider nos enfants et petits enfants à :

  • mieux se connaître,
  • évoluer dans le monde,
  • et grandir avec + de conscience
  • devenir la meilleure version d’eux-même.

Lisez les 3 articles et découvrez gratuitement les méthodes de Bénédicte & Fabien 🙂

« La météo intérieure« 

« Les émotions dans le temps« 

« Confiance et estime – l’activité des pots de fleurs »

Poème de Dorothy Law Nolte et Photo de Robert DOISNEAU

CHAQUE ENFANT APPREND PAR L’EXEMPLE…

Si un enfant vit dans la critique, il apprend à condamner.

Si un enfant vit dans l’hostilité, il apprend à se battre.

Si un enfant vit dans le ridicule, il apprend à être gêné.

Si un enfant vit dans la honte, il apprend à se sentir coupable.

Si un enfant vit dans la tolérance, il apprend à être patient.

Si un enfant vit dans l’encouragement, il apprend à être confiant.

Si un enfant vit dans la motivation, il apprend à se faire valoir.

Si un enfant vit dans l’équité, il apprend la justice.

Si un enfant vit dans la sécurité, il apprend à faire confiance.

Si un enfant vit dans le soutien, il apprend à s’aimer.

Si un enfant vit dans l’acceptation et l’amitié, il apprend à trouver l’amour dans le monde.

Pour terminer l’illustration et les commentaires du 4ème extrait de mon roman, je partage l’article inspirant de mon collègue Blogueur et Coach Professionnel de vie Eric Bouf, publié sur son Blog riche en valeur « se réveiller pour se transformer« , qui nous rappelle une méthode que j’utilise depuis de nombreuses années pour relativiser, dédramatiser et éviter de se prendre trop au sérieux, quand tout devient lourd : l’auto-dérision ! 🤗
Ingrédient indispensable pour alléger le quotidien et le regard qu’on porte sur nous et sur les autres et à transmettre d’urgence aux enfants !

Découvrez son article « Autodérision – humour authentique et rire de soi » 🙂



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Béatrice SEBAG - Auteur
À BIENTÔT !


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Comments

  1. Eric says:

    Merci Béatrice d’avoir mentionné mon blog sur cet article … 🙏

  2. conseilsviesaine says:

    Ma chère Béa,

    Tu as définitivement un très grand talent, tant pour parler des émotions que pour l’écriture.
    J’attends moi aussi la suite ainsi que la sortie de ce roman, que je ne manquerai pas de lire dans son entièreté !
    Amitiés

  3. WITEK Laurent Pierre says:

    Magnifique comme d’habitude, toujours aussi fascinant. J’attend avec impatiente ce roman a suspense digne des plus grand auteur.
    Continue mon amour c’est super !

  4. Bénédicte says:

    Waou merci Béatrice! C’est fascinant cette capacité à faire parler les émotions sous ta plume. On sent bien tout ce qui se passe intérieurement et cette incapacité à s’en libérer à cause des contraintes extérieures. J’espère que les générations futures arriveront à trouver un meilleur équilibre entre l’écoute intérieure et les injonctions societales. A très vite pour le 5eme extrait 😊

    • Béatrice says:

      Merci Bénédicte ! En tout cas, toi comme moi, nous nous employons à tenter d’éveiller les consciences 😉

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