Blessures émotionnelles

Comment se libérer des fidélités et contrats inconscients ?

Le plus difficile c’est d’être fidèle à soi-même ! Lyse Desroches

Fidélités et contrats inconscients

Consciemment pour certains et inconsciemment pour la majorité, nous nous imposons, dans le 1er cas et subissons dans le 2ème, des contrats de fidélité avec nos parents et/ou nos premières « figures d’autorité » (s’il ne s’agit pas directement de nos parents). Pourquoi ?
Bien souvent, sous couvert d’amour, nous nous enfermons dans des comportements, des fonctionnements et adoptons des croyances (bien souvent limitantes), des idéologies qui ne sont pas véritablement les nôtres et ne relèvent pas de notre identité profonde.
La raison se trouve tout d’abord dans une souffrance directement liée aux blessures émotionnelles et précisément à la nature de nos blessures personnelles, que vous pouvez retrouver dans la vidéo ci-après : les 5 blessures de Lise BOURBEAU

Les 5 blessures émotionnelles

Etre fidèle à soi-même n’est pas nécessairement être infidèle à l’autre, Jacques SALOMÉ

Blessures émotionnelles

Comment bien rater sa vie ?

Personnellement, les premiers cadeaux de la vie, hormis la beauté et l’intelligence, ont été les blessures émotionnelles. J’ai souffert très jeune, inconsciemment, des 5 blessures et j’ai adopté des comportements dictés par mes parents, que je ne cautionnais pas pour « rester en lien » et ne pas être exclue de ma famille. J’ai par exemple renoncé à fréquenter mes cousins, ma tante, par fidélité à mes parents alors même que je n’ai jamais su ce qui motivait véritablement mes parents à agir de la sorte. J’ai également préféré choisir des études commerciales alors que j’étais littéraire et m’orientais vers une carrière prometteuse dans cette voie. Mais je me suis rendue aux arguments de mon père qui me conseillait de gagner ma vie rapidement à travers un diplôme qui me garantissait de trouver un emploi et devenir rapidement autonome. Je ne peux pas en vouloir à mon père car je suis certaine qu’il pensait me conseiller au mieux, l’indépendance financière et l’autonomie étant les valeurs essentielles familiales.

blessures émotionnelles - Béatrice SEBAG

Puis nos besoins principaux, découlant directement de la nature de nos blessures prédominantes, nous conduisent fatalement à alimenter ces contrats inconscients. Je m’explique : mes blessures émotionnelles principales sont l’abandon et le rejet. J’avais donc une peur viscérale d’être rejetée ou abandonnée. Je nourrissais ainsi des besoins d’appartenance et de reconnaissance impérieux. C’est à dire que je n’aurais pas supporté, enfant ou jeune femme, d’être rejetée ou exclue de ma cellule familiale. Pour cette raison, j’ai accepté de me conformer aux « orientations » et choix parentaux (principalement sur des sujets sensibles ou qui leur tenaient à coeur) pour garder ma place dans la famille et ne pas susciter de conflits qui auraient pu m’exclurent.

Au-delà de l’amour, ces fidélités sont adoptées bien souvent en raison de peurs profondes inscrites en chacun de nous. Nous aurons tous des peurs différentes en raison de notre nature, notre environnement, de nos empreintes de naissance. Personnellement mes besoins de faire partie et être reconnue trahissaient une peur panique de l’abandon et du rejet en raison de ces 2 blessures.

Ces stratégies, conscientes pour certaines personnes ou inconscientes pour d’autres, se révèlent bénéfiques dans un premier temps, car elles nous aident et nous protègent même, pendant les premières années de notre vie, en tout cas tant que nous vivons au domicile parental. Le danger est que, malheureusement, ayant quitté le giron familial, nous continuons, adulte, à fonctionner de la même manière, sous le joug des blessures émotionnelles, alors que ce n’est plus justifié. Ces comportements, croyances deviennent aliénants et nous empêchent d’évoluer naturellement. De bénéfiques voire salvatrices au départ, ces stratégies deviennent pour le moins négatives, voire toxiques si nous n’en prenons pas conscience. Nous avons enregistré ces « programmes », qui se déclenchent automatiquement par la suite dans tous les domaines de notre vie. C’est à dire que nous ferons de même avec nos amis, avec nos conjoints, nos employeurs, etc… A vitam aeternam, si nous ne les mettons pas à jour. Et petit à petit, nous nous coupons de nos propres ressentis, opinions et conséquemment de notre propre nature, notre unicité. Pourtant, toutes les croyances limitantes peuvent être transformées !

Un mal être persistant incompréhensible, des symptômes physiques récurrents, des maladies inexpliquées, des accidents ou conflits et échecs répétés, des addictions ou autres épreuves vont donc nous pousser à prendre conscience que nous nous sommes ainsi coupés d’une partie essentielle de nous, pour répondre à nos besoins de l’enfance et rester fidèles à nos engagements familiaux. Ainsi, sans le savoir, nous payons très cher ces fidélités et contrats inconscients. Nombre d’entre nous n’arriveront jamais à modifier ces schémas même si ceux-ci les empêchent d’être totalement libres. Pour diverses raisons (culture, tradition, valeurs…), les attachements trop importants à leurs yeux et les culpabilités qui découleraient d’un changement ou nouvelle orientation, engendreraient trop de souffrance psychologique pour eux.


Cette situation d’enfermement peut être illustrée par des animaux sauvages (lions, éléphants, singes…) vivant en captivité. En effet, plusieurs études ont démontré que des animaux enfermés ou attachés pendant de longues années, renoncent après quelques tentatives d’évasion, à s’échapper et acceptent leur vie en captivité voire en deviennent dépendants. Il s’avère même que lorsque ces animaux ont l’occasion, sur le tard, de retrouver leur liberté, ils restent dans la cage ou au pied du piquet qui les attachaient, même si leur cage est ouverte et s’ils sont détachés de leur lien et libres.

Blessures émotionnelles - Béatrice SEBAG

Blessures émotionnelles

Les DRIVERS
Ces fidélités peuvent aussi s’exprimer dans nos vies à travers des injonctions qui ont bercé et nourri notre jeunesse. On les appelle également les Drivers, voici les principaux :

  • Sois fort ! ou : ne montre pas tes émotions, tes sentiments…
  • Fais plaisir ! ou, ne dit jamais non, les autres d’abord…
  • Sois parfait ! ou, pas le droit à l’erreur, sois toujours le meilleur, fuis la médiocrité…
  • Dépêche-toi ! ou, pas le temps…fais vite…
  • Fais des efforts ! ou, tu peux faire mieux, c’est pas mal mais

Et il existe beaucoup d’autres injonctions qui nous enferment et nous coupent de nous-même, par exemple :

Blessures émotionnelles
  • Sois raisonnable
  • Ne fais pas l’enfant
  • Fais attention
  • On ne peut pas tout avoir
  • La vie est dure
  • Heureux au jeu, malheureux en amour
  • Tu me fatigues
  • Tu vas te faire avoir
  • Ne rêves pas
  • L’argent est sale
  • Prendre du plaisir c’est vicieux
  • Il faut travailler très dur pour gagner de l’argent
  • La vie est un combat
  • Tu as tout pour être heureux (se)
  • ect…
Blessures émotionnelles - Béatrice SEBAG

Comment bien rater sa vie

Fidèle à soi-même, c’est fidèle à son futur, non à son passé, Georges PERROS

Ces petites phrases « anodines » entendues régulièrement conditionnent notre discours intérieur, nos pensées et nous empêchent d’être nous-même. Jour après jour, en nous conformant à ses drivers, nous nous éloignons de notre vraie nature, de notre authenticité, notre identité profonde. Autant vous dire que les dés sont pipés d’avance si vous fonctionnez toujours en fonction de vos blessures émotionnelles. Ces confusions feront votre malheur si vous n’en prenez pas conscience et ne reprenez pas le contrôle de vos pensées et de votre vie.

Alors que faire ? Que faire pour se libérer, se reconnecter à soi sans pour autant renier nos proches, notre passé, nos origines ? Car oui pour évoluer, bon gré-mal gré, pour guérir de nos blessures émotionnelles, nous ne pourrons pas faire l’économie de revisiter ces contrats, leur origine, leur raison d’être, leurs bénéfices et leurs limites et à minima les transformer, voire les supprimer afin de pouvoir se libérer, retrouver l’accès à notre pouvoir créateur et retrouver nos capacités d’évolution.

Guérir ses blessures émotionnelles

A nouveau, Lise BOURBEAU propose des pistes pour s’en sortir dans l’une de ses vidéo ci-après :

On est fidèle à soi-même et c’est TOUT ! Jean ANOUILH

Conclusion

Sortir de la dualité BIEN/MAL

Les blessures émotionnelles que l’on porte ne sont pas dues aux traumatismes ou aux épreuves que l’on a vécus. Il y a toujours des personnes qui auront vécu les même épreuves, en tous points identiques : certaines s’en sortent et d’autres pas. Encore une fois POURQUOI ou COMMENT plus précisément ?
Ce ne sont pas les épreuves elles-mêmes, ni les traumas qui nous font souffrir. Sinon les conséquences seraient les mêmes pour tous !
C’est le regard que nous portons sur les épreuves et les traumas qui nous permettent soit, d’en faire des forces, en osant exprimer nos vulnérabilités et accepter nos part d’ombres, les considérer comme des atouts pour grandir et avancer,
soit se considérer comme une victime le reste de notre vie en rendant les autres responsables.

blessures émotionnelles


En tant que mère, j’ai appris que tout parent, quelque soit son comportement est paradoxalement motivé par de bonnes intentions quand il projette ses propres peurs sur ses enfants. Il souhaite à sa façon les protéger. Mais nos peurs ne sont pas forcément celles de nos enfants ou des autres. Une fois encore « la carte n’est pas le territoire » et chacun voit une partie de la vérité. Chacun détient un point de vue correct en fonction d’où il se situe, mais voit-il la globalité de la réalité ? Et son point de vue est-il adopté à la situation ou la personnalité de l’autre, même s’il l’a mis au monde ? Nos enfants, quoiqu’on fasse ou pense, ne sont pas une extension de nous-même et ne nous ressemblent pas forcément. Est-il vrai que parce que nous les avons conçus, portés et éduqués, nous saurions mieux qu’eux ce qui est bon pour eux ?

Pour aller + loin

Écoutez ou lisez le 5ème extrait de mon roman qui vous livre une de mes grosses blessures.


Pour aller encore + loin

Pour vous donner encore + de valeur, je vous propose de découvrir l’article « Votre phobie est une chance » d’une collègue de Bretagne Laurence DERIAN, rédigé sur son blog « OZ émotions – votre vie sans blocage« .



Je ne peux terminer cet article sans vous rappeler le titre de mon roman « les cadeaux mal emballés » qui invite également les lecteurs à regarder les épreuves et les obstacles comme des cadeaux qui peuvent nous rendre + forts.

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Le progrès est impossible sans changement et ceux qui ne peuvent jamais changer d’avis ne peuvent ni changer le monde, ni se changer eux-mêmes, Georges Bernard SHAW

À bientôt !

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Béatrice SEBAG - Auteur

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Comments

  1. Margaux says:

    Ton article est magnifique, profond. Il me reconnecte à des enseignements que j’ai découvert en Italie il y a quelques années. Ca faisait des années que j’avais pas entendu quelqu’un dire « La carte n’est pas le territoire », en italien on dit « La mappa non è il territorio ». Ca m’a fait quelque chose de le lire dans cet article. Pour ma part je pense que depuis que je suis petite on m’a dit « sois la meilleure », « fais des efforts », et ce sont des choses que je m’impose à moi-même constamment, maintenant que je vis seule, comme si j’étais ma propre esclavagiste. Mais je m’en rends compte, j’accepte ma part d’ombre comme tu dis, et j’apprends à me donner le droit d’être imparfaite et de m’économiser un peu plutôt que de tout donner tout le temps. Merci pour ce bel article, on sent ta présence bienveillante dans chaque mot 🙂

    • Béatrice says:

      Waouhhhh Margaux ! Je suis très touchée par ton commentaire car tu as réagi sur des points que je voulais justement mettre en évidence… Gratitude 🙏🏾💋🙋🏽‍♀️

  2. A.Sophie says:

    wow, bel article ! Je suis justement en train de faire un article sur l’enfant qui s’en va du nid familial, avec tout ce qui ce passe avant et après dans nos têtes. C’est important de mettre le doigt sur nos peurs, nos blessures, nos idées limitantes pour laisser place à l’énergie et à l’envol de notre enfant. Merci pour ce bel article !!

    • Béatrice says:

      Oh que oui Sophie ! Les enfants quitteront le nid, c’est dans l’ordre des choses. Nos enfants le vivront d’autant mieux et naturellement si nous vivons cette étape portés par des énergies véritablement positives et bienveillantes pour eux et pour nous 😉🙋🏽‍♀️

  3. eric says:

    Béatrice, merci beaucoup pour cet article dense et très intéressant …je connais Lise Bourbeau et c’estyoujours un plaisir de l’écouter … j’ai déjà traité de ce sujet en évoquant nos 7 cycles de 7 ans et notamment les blessures infantiles développées lors des 3 premiers cycles et que nous portons jusqu’à pouvoir s’en défaire … et ton approche est très pertinente et intéressante … j’ai d’ailleurs particulièrement aimé la dernière phrase “Nos enfants, quoiqu’on fasse ou pense, ne sont pas une extension de nous-même et ne nous ressemblent pas forcément. Est-il vrai que parce que nous les avons conçus, portés et éduqués, nous saurions mieux qu’eux ce qui est bon pour eux ?“ …

    • Béatrice says:

      Merci Eric ! Oui la dernière question est importante. Personnellement j’ai dû revoir ma copie et heureusement 😅🙋🏽‍♀️

  4. conseilsviesaine says:

    Comme tu le sais, Béa j’ai expérimenté tout ce que tu décris-là et je suis très heureuse d’avoir pris conscience, avec ton aide indéfectible, que j’avais le pouvoir de tout changer. Et j’ai suivi ton conseil et le soleil revient dans ma vie. Encore une fois, je te félicite pour cet article magnifique, tout comme toi !

    • Béatrice says:

      C’est avec tout mon cœur que je t’ai accompagnée dans les moments difficiles. Et ça me réjouis de te voir si bien à présent ❣️ Gros bisous 💋💋💋🙋🏽‍♀️

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